
Le changement de nom du lac Ontario par décret présidentiel signé par le président américain illustre la volonté de Trump de réécrire l’histoire pour l’adapter à une vision personnelle du monde. Cette décision semble aussi s’inscrire dans une logique de revanche envers le premier ministre de l’Ontario et le premier ministre Carney, ainsi que sa domination symbolique à l’égard de ses voisins du nord. Elle révèle, par le fait même, une profonde méconnaissance de l’histoire et des réalités du territoire.
Dans un article publié par Ici Radio-Canada, des communautés autochtones situées au sud de la frontière réagissent également à cette décision qu’elles jugent aberrante.
« Scott Manning Stevens, professeur d’études autochtones à l’Université de Syracuse et membre mohawk d’Akwesasne, qualifie le changement de nom d’embarrassant. Il y voit une réaction immature à un différend commercial et rappelle une réalité souvent inversée : ce n’est pas le lac qui doit son nom à la province, mais bien la province de l’Ontario qui a été nommée d’après le lac. »
Il s’agit aussi d’une tentative supplémentaire de Trump pour effacer l’Histoire et la culture des Premières Nations afin d’imposer la suprématie américaine sur le continent.

En 1794, le traité de Canandaigua négocié sous la présidence de George Washington avec six nations autochtones mena à un accord afin d’instaurer la paix et l’amitié perpétuelle. L’article 3 du traité emploie expressément le nom « Lake Ontario » .
« En entrevue téléphonique, Judith Manthe, cheffe principale de la Wyandot Nation of Kansas, établie à Kansas City, qualifie le décret de gifle, puisqu’il rebaptise un lac auquel son peuple avait donné un nom bien avant l’arrivée des Européens. J’ai été totalement dégoûtée, lance-t-elle, assurant que la majorité des membres de sa communauté partagent ce sentiment.Pour la leader autochtone, remplacer ce nom revient à s’attaquer à notre héritage et à la responsabilité de son peuple envers la terre et l’eau. Cette terre nous a été donnée pour que nous en prenions soin, dit-elle. Selon elle, le décret prolonge une entreprise d’effacement ancienne. Ils ont voulu nous faire disparaître de l’histoire. Ils ont fait de leur mieux, mais nous sommes toujours là. »
Le narcissisme de Trump, son manque évident de culture historique et son esprit de vengeance à l’encontre du Canada ne servent en rien les négociations pour un accord commercial. Il est décidé à triompher et à imposer sa suprématie au Canada par des manœuvres intimidantes et trompeuses, allant jusqu’à se proclamer responsable de la débâcle éventuelle de notre économie. Pendant ce temps, les États-Uniens et les Canadiens subissent les contrecoups des tarifs imposés des deux côtés de la frontière.

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