
Étienne Gauvreau est né en 1683 en France, à Saint-Hilaire, La Roche-sur-Yon, dans le Bas-Poitou. Il occupe une place toute particulière dans notre histoire familiale, puisqu’il est le premier ancêtre des Gauvreau à avoir traversé l’océan pour venir s’établir en Nouvelle-France. À Québec, il a épousé Marguerite Françoise LeGris dit Lépine (1691-1760), et, ensemble, ils ont fondé une grande famille de 12 enfants, donnant ainsi naissance à une lignée qui allait s’enraciner profondément iciÉtienne marque aussi le début d’une longue tradition familiale liée au travail du cuir au Québec. Au fil des générations, les Gauvreau ont souvent été associés à cette industrie. Ce fut notamment le cas de mon grand-père Ferdinand, de mon arrière-grand-père Ferdinand Elzéar, ainsi que de mon arrière-arrière-grand-père, lui aussi nommé Ferdinand. Ce dernier a connu une fin tragique 1860 : il a été retrouvé agonisant dans la boutique de cuir où il travaillait, rue Sous-le-Fort, dans le Petit Champlain, non loin de la Place-Royale. Il est décédé quelques heures plus tard. Une enquête du coroner a alors été ouverte, car on soupçonnait d’abord un homicide, mais le médecin légiste a finalement conclu qu’il était mort d’une crise d’apoplexie, ce que l’on associerait aujourd’hui à un AVC ischémique ou hémorragique.


Étienne Gauvreau exerçait le métier de corroyeur et de tanneur, un savoir-faire essentiel à l’époque et intimement lié à la vie quotidienne des familles et des communautés.
Son travail consistait à nettoyer, trier et préparer les peaux — de vaches, de veaux ou de chevaux — afin d’en retirer les impuretés, les poils et les résidus de chair. C’était un métier exigeant, qui demandait de la patience, de la précision et une solide connaissance des matières.
Pour transformer ces peaux en cuir durable, le tanneur utilisait diverses substances, souvent d’origine végétale, comme les écorces d’arbres, ou encore d’origine minérale, comme certains sels. Ces traitements permettaient de stabiliser la peau et d’éviter sa décomposition. Le travail se terminait parfois par la teinture du cuir, adaptée aux besoins et aux goûts du client.
Cette tradition familiale s’est poursuivie avec son petit-fils François Gauvreau, né en 1757 et décédé en 1810. Fils de Claude Gauvreau (1720-1772) et de Marie-Madeleine Fluet (1724-1764), François — mon arrière-grand-oncle issu de quatre générations — a acquis en 1784 la tannerie de Pierre Robitaille. Celui-ci en avait été propriétaire depuis 1774. Située sur la rue de Saint-Vallier, cette tannerie est demeurée entre les mains de la famille Gauvreau jusqu’en 1835, témoignant de l’importance et de la continuité de ce métier dans notre lignée.

Bien sûr, l’industrie du cuir au Québec a compté de nombreux artisans dévoués. Les Gauvreau font partie de ces familles qui y ont laissé une empreinte significative, par leur travail, leur savoir-faire et leur présence sur plusieurs générations.
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