Solitude et liens affectifs

Je suis parfois perçu comme un drôle de personnage. On pourrait croire que je suis un peu misanthrope. On pourrait croire que je déteste la reconnaissance ou que je m’intéresse peu à ma communauté minoritaire au détriment de la communauté en général. Pour d’autres, particulièrement pour mes rares amies, les proches de ma famille et mes collègues au travail, c’est tout le contraire. Je suis toujours là pour aider lorsqu’on me le demande. Je suis quelqu’un de disponible et de solidaire. Qu’en est-il vraiment?

D’emblée, j’affirme que je ne déteste personne. Ce que plusieurs peuvent percevoir comme de l’indifférence dissimule des choses que la moyenne des gens ne peut comprendre.

Je suis un solitaire. J’aime la tranquillité. Même si je travaille encore à l’aube de mes soixante-dix ans, que je participe à beaucoup de rencontres sur le plan professionnel et que ce travail m’apporte énormément, je réalise que ma vie privée est un cocon que je n’ouvre pas facilement.

Je me sens plus naturellement rejoint par le contact avec la nature que par les rencontres de groupe ou les manifestations militantes. La famille est aujourd’hui ma priorité. Les liens sociaux qui reposent uniquement sur l’appartenance à une communauté précise me semblent parfois difficiles à vivre lorsqu’ils ne s’accompagnent pas d’affinités plus profondes.

Faire partie d’une minorité ne signifie pas, pour moi, adhérer à tout ce qu’elle représente ni ressentir l’obligation de créer des liens d’amitié avec chaque personne qui partage cette même réalité. Ce qui nous rapproche peut être important, mais il ne suffit pas toujours à créer une proximité véritable. C’est l’une des raisons pour lesquelles je prends mes distances avec les réseaux sociaux, où les contacts me paraissent souvent plus superficiels que nourrissants. Cela ne m’empêche pas d’éprouver un profond respect pour toutes ces personnes. J’essaie simplement d’assumer ma différence, y compris ma neurodivergence, avec honnêteté et douceur.

Ma vie se résume en deux mots : Solitaire – Solidaire. (Victor Hugo)

L’homme peut être seul au milieu des autres. Mais celui qui est ouvert au monde, celui qui sait demeurer fraternel, celui qui est solidaire des autres, celui-là, même solitaire, n’est jamais seul. (Martin Gray)

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