Séparation de l’Église et de l’état

La société étasunienne est en plein chaos depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Il y a de quoi pleurer lorsqu’on réalise que sous prétexte de redonner à sa grandeur à l’Amérique, on préfère mettre à la tête du pays un criminel narcissique condamné pour viol, que des illuminés de l’extrême droite chrétienne considèrent comme l’envoyé de Dieu. Voilà que J.D. Vance en rajoute en affirmant que Satan est à l’origine de la séparation de l’Église et de l’État.


Si je voulais sombrer dans l’absurdité de ces nationalistes chrétiens, je citerais moi aussi ce passage de la Bible pour démontrer qu’eux et Trump n’ont rien à voir avec l’esprit du christianisme. 

« Méfiez-vous des prétendus prophètes! Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans, ce sont des loups voraces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des ronces ou des figues sur des chardons? »  

(Matthieu 7:15-16)


Je suis probablement un maudit « woke » tellement détesté par les Trump de tout acabit. 

Dans les faits, le mot « woke » désignait à l’origine une prise de conscience face à la ségrégation et aux injustices raciales, avant de s’étendre à d’autres formes de discrimination. Le terme a toutefois été repris par certains responsables politiques afin de discréditer un militantisme perçu comme excessif ou moralisateur. Ses opposants l’associent souvent à une idéologie radicale qui, selon eux, contribuerait à diviser la société et à restreindre la liberté d’expression. Curieusement, le gouvernement américain s’attaque directement à la liberté d’expression de ceux et celles qui expriment leur indignation contre l’injustice. Trump va jusqu’à affirmer que les « wokes » sont antipatriotiques et anti-américains, lorsqu’il ne les traite pas tout simplement de traîtres, de socialistes ou de communistes. Voilà qui ressemble à une forme de fascisme.

À ce rythme, seuls les chrétiens blancs de langue anglaise auront des droits dans ce pays. Les autres, particulièrement les minorités religieuses (incluant les églises chrétiennes libérales), les personnes des différentes communautés ethnoculturelles et des communautés LGBTQ sont les premières victimes de ce mépris des nationalistes chrétiens pour la liberté d’expression. Il faut se demander aussi comment, dans la diarrhée verbale de ce gouvernement, seront traités les athées et les agnostiques.

Notre histoire, particulièrement au Québec et au Canada, a démontré à quel point le lit partagé par les églises dominantes d’une certaine époque et le pouvoir politique a mené à des abus qui ont détruit beaucoup de vie. Songeons aux scandales sexuels dans l’Église, aux pensionnats autochtones, aux orphelins de Duplessis, de la position de l’Église contre les patriotes du 19e siècle, sans parler du contrôle de tout le système social du Québec par le catholicisme. Même si nous reconnaissons l’apport important et essentiel du religieux dans la sphère publique, nous ne devons pas non plus nier les impacts négatifs du mariage de l’état et du religieux. On parle ici de l’époque de la grande noirceur, suivie de la Révolution tranquille.

Le discours du nationalisme chrétien aux États-Unis ramène le pays au 20e siècle, aux exagérations idéologiques des ennemis communistes et de ce que Trump appelle la gauche radicale. Cette présidence n’est pas celle de tous les Américains, mais seulement de ceux qui adhèrent à la vision rétrograde des républicains actuellement au pouvoir. On se croirait dans la série « La Servante Écarlate ».

Lorsque nous constatons ce que sont devenus certains pays arabes liés à l’islamisme radical et le traitement réservé à leurs citoyens, il faut s’inquiéter de ce que deviendront nos voisins américains. Ce n’est pas pour rien que plusieurs d’entre eux tentent de remonter la piste de leurs ancêtres canadiens pour obtenir leur citoyenneté et s’établir ici.

Laisser un commentaire